Introduction à la notion de nombre dérivé d'une fonction en un point |
Fiche élève
On donne la fonction , (C) sa
représentation graphique dans le repère
.
1. On pose a = 0.
a. A laide de la calculatrice, représenter graphiquement la fonction f. Zoomer sur le point A(0 , f(0)). Répéter cette opération plusieurs fois : on constate que la courbe " se transforme en droite ".
b.On cherche à trouver l'équation réduite de la droite D0 qui " se rapproche " le plus de la courbe (C) au point A.
i. Conjecturer sur la représentation graphique le coefficient directeur d0 de D0. En utilisant la valeur de d0 conjecturée, donner léquation réduite de D0. Tracer D0 sur la calculatrice. Revenir à lécran initial. Que remarque-t-on ?
ii. Essayons de dégager une méthode permettant de calculer d0. Pour cela, on considère les droites Dx passant par A et un point Mx(x , f(x)) de (C). On note T0(x) le coefficient directeur de la droite (AMx). On a donc
Exprimer et simplifier T0(x) en fonction de x. On fait varier x ; remplir le tableau ci-dessous :
x | ||||
f(x) | ||||
T0(x) | ||||
Équation de Dx |
Pour chaque valeur de x, tracer Dx en utilisant votre calculatrice.
Les droites obtenues correspondent-elles à la droite D0 cherchée (on pourra zoomer) ?
Comment pourrait-on faire pour calculer d0 à partir de la forme simplifiée de T0(x) (avec x ¹ 0) ?
On dit que d0 est la limite de T0(x) en 0 (notation). Calculer l'équation réduite de la droite D0.
c. Montrer que, pour tout x Î
,
£ 4x2. Comment peut-on interpréter graphiquement
?
Le réel A0(x) = - 1 - x est appelé une approximation affine de la fonction f au point 0. Donner un encadrement de f(0,1) à laide de linégalité ci-dessus ; comparer avec la valeur de f(0,1) donnée par votre calculatrice à 10- 2 près par défaut. Faire de même avec f(-0,02) à 10- 4 près par défaut.
2. On pose a = 1 ; cherchons l'équation réduite de la droite D1 qui " se rapproche " le plus de la courbe (C) au point B(1 , f(1)). Soit Mx(x , f(x)) ; on note T1(x) et d1 les coefficients directeurs des droites (BMx) et D1.
a. Calculatrice : zoomer sur le point B(1 , f(1)). Répéter cette opération plusieurs fois ; constater à nouveau que la courbe (C) " se transforme en droite ". Conjecturer sur la représentation graphique le coefficient directeur d1 de D1.
b. Calculs : calculer et simplifier T1(x) pour x ¹ 1, calculer d1 =
, puis l'équation réduite de la droite D1. Tracer D1 ; la droite tracée semble-t-elle correspondre à la droite cherchée ?
c. Donner une approximation affine A1(x) de f(x) au point 1. Montrer que, pour tout x Î
,
£
(x - 1)2.
d. On pose x = 1 + h. Exprimer A1(1 + h) en fonction de h, puis majorer
pour |h| £
. En déduire que
f(1 + h) = f(1) + d1h + he(h), avec.
Interpréter ce résultat graphiquement. Donner un encadrement de f(1,06). Comparer avec le résultat de la calculatrice.
Éléments de correction
1. a. Configuration logicielle :
ZoomDec Zoom´ 10 Zoom´ 100
b. i. On a donc d0 » - 1. On trace la droite D0 d'équation y = - x - 1 : elle est confondue avec la droite initiale sur l'écran Zoom´ 1000, puis après 3 zooms arrière ("ZoomOut"), on obtient une " tangente ".
ii. Pour plus de commodités, on va stocker dans "CALC/HOME" la fonction f (saisie de "f(x)") et du coefficient directeur T0(x) dans "t(x)" : on obtient les équations cherchées, puis on fait tracer les droites par le logiciel. On peut éventuellement automatiser le calcul en saisissant chaque fonction affine dans la fonction "d(a,x)" (tracé en pointillés par F6 "Thick"), puis en affectant les valeurs de a dans une liste.
On constate que la droite D0 correspond le mieux à l'idée que l'on peut se faire d'une " tangente ".
Le calcul de est classique
On
obtient bien
.
c. On trouve ,
d'où le résultat, sachant que x + 1 ³
. Interprétation
graphique ci-dessous, en traçant les deux droites d'équations y = -1 et x = - 0,2
( F7 "Vertical", puis valider) : on
obtient
= MP,
avec M(x , f(x)) et P(x , - 1 - x).
Pour x = 0,1,
puis x = - 0,02 on a - 1,14 £ f(0,1) £ - 1,06 et 0,9786 £
f(- 0,02) £ 0,9816.
La calculatrice donne le résultat : f(0,1) = - 1,08182 et f(- 0,02) = 0,979184 (mode "FLOAT 6").
2. Idem en tout point ; on trouve A1(x) = .
On a , d'où la majoration
de l'erreur demandée, puisque 2(x + 1) ³ 3.
En posant x = 1 + h,
on obtient A1(1 +
h) = - 1 +, et f(1 + h) -
=
, d'où la majoration
cherchée. En posant
, on a
, donc f(1 + h) = f(1) + d1h + he(h), avec
.
L'interprétation graphique est la même que précédemment : on a |he(h)| = MP (voir ci-dessous, avec le logiciel GEOPLAN : un fichier plus complet interactif en ligne peut être consulté sur ce site).
Pour h = 6´ 10- 2, on obtient 0,9688 £ f(1,06) £ 0,9712. La calculatrice renvoie 0,969126 avec 6 chiffres significatifs.
Commentaires
1. Pré-requis :
2. Analyse du problème et remarques diverses
Cette activité sert d'introduction
au cours sur le nombre dérivé en classe de 1re :
elle permet de présenter pour la première fois aux élèves la
notion de limite finie en un réel fini, de manière
" intuitive ", mais
" utile " , car la fonction
n'est pas définie en x0, alors que f est définie sur un intervalle ouvert
contenant x0 :
à l'occasion de ce cours, les élèves abordent pour la
première fois l'analyse infinitésimale.
La méthode est nouvelle : on raisonne au niveau local, alors que précédemment une fonction était étudiée globalement ; de plus on passe d'un mode de calcul exact à un mode approché, en acceptant de perdre de l'information pour gagner en simplicité (on se place " sur la droite " et non " sur la courbe "), tout en sachant " de combien on se trompe au maximum " ( majoration de l'erreur).
La fonction choisie dans cette activité est une fonction que les élèves ne savent pas étudier à ce moment de l'année de manière globale : il ne s'agit pas d'une fonction associée aux fonctions de référence (voir p. 73).
Une autre difficulté est le
changement de variable x = x0 + h,
qui présente un intérêt double : ramener le problème à une
limite en 0 et obtenir une
approximation affine plus simple. Les auteurs ont choisi de ne
l'aborder que dans la question 2. d, en gardant dans les question
précédentes la même variable pour les deux limites en 0 et 1, de
manière à mettre l'accent sur l'idée suivante : remplacer
" au voisinage " d'un point x0 le réel f(x) par , où y =
est l'équation réduite de la tangente
à la courbe (C) au point
d'abscisse x0,
afin de renforcer l'idée visuelle donnée par le zoom
d'introduction.
L'apport de l'outil informatique est
ici appréciable : transformer la courbe en
" droite " permet d'introduire la notion de
tangente de manière très " naturelle " en
reliant le coefficient directeur de la tangente avec la limite du
taux de variation (x)
en x0. Les
calculs des coefficients directeurs des sécantes peuvent être
automatisés, ainsi que le calcul de
(x), qui ne servira plus par la suite avec
l'outil des fonctions dérivées : cela permet de mettre l'accent
davantage sur le nouveau concept que sur les techniques de
calculs. On illustre aussi de manière intéressante l'écriture f(x0 + h) = f(x0) + hf'(x0) +he(h),
avec
.
Si on désire préparer les élèves de 1re à la notion de limite en 0 avant d'aborder celle de nombre dérivé, on peut l'illustrer de manière géométrique par la fiche élève suivante :
Exercice :
ABC est un triangle rectangle en A tel que AC
= 1. On pose AB = x, avec x > 0 (A ¹ B). Le cercle de centre C et de rayon 1 coupe le segment [BC] en D. étudier le comportement du
rapport quand x se rapproche de 0 (voir figure ci-dessous, avec
le logiciel GEOPLAN : un fichier plus complet interactif
en ligne
peut être consulté sur ce site).
Étude géométrique :
Si x se rapproche de 0, (faire une nouvelle figure)
Étude numérique : on pose
= f(x)
1. Exprimer en fonction de x :
BC = ............................, BD =.............................. et f(x) =..............................
2. Remplir le tableau (on pourra utiliser les valeurs approchées données par la calculatrice) :
x | 1 |
0,5 |
0,2 |
0,1 |
0,05 |
0,01 |
0,001 |
BD | |||||||
f(x) |
Si x se rapproche de 0, BD se rapproche de ........ et f(x) se rapproche de ........ ..
3. Montrer que, pour tout x > 0, on a
.
Peut-on expliquer le résultat précédent avec cette formule ?
Compléments
La notion de limite telle qu'elle est présentée au lycée ne repose sur aucun fondement théorique, ce qui pose des problèmes pédagogiques considérables. On peut cependant relativiser cette difficulté lorsque l'on sait que les mathématiciens des 17e et 18e siècles ont utilisé cette notion avec une grande efficacité alors qu'elle n'a été théorisée qu'au 19e siècle
Un des implicites principaux au lycée de cette activité est l'unicité de la tangente (ou du développement limité d'ordre un) en un point où la fonction est dérivable, qui repose sur l'unicité de la limite en un point et peut s'énoncer de la manière suivante :
Démonstration : f(x0) = g(x0), et, pour tout x Î I -
{x0}, on a =
+ e(x). Sachant que g est affine, il existe deux réels a et b
tels que
; on a donc
, d'où
. On en déduit que f est dérivable en x0. Par unicité de la limite en x0, on a f'(x0) = a, d'où g(x) = f(x0) + f'(x0)(x - x0).
La notion de continuité en un point
(préalable logique à cette activité, voir note p. 83) est
abordée seulement en terminale : on rappelle qu'une fonction
dérivable en x0 est continue en x0, mais que la réciproque est fausse (voir
par exemple la fonction prolongée par continuité en 0), et qu'il existe même des fonctions qui
sont continues en tout point d'un intervalle et qui ne sont
dérivables en aucun point de cet intervalle.
Une généralisation de cette activité est la notion de développement de Taylor-Young d'ordre n au voisinage de x0, qui permet l'approximation locale de toute fonction n fois dérivable en x0 par un polynôme d'ordre n au voisinage de x0. On peut l'illustrer très facilement avec la calculatrice en traçant par exemple les développements limités d'ordre 3 et 5 de la fonction sinus au voisinage de 0 (voir ci-dessous) et en comparant les ordres de grandeur des erreurs commises avec les approximations obtenues.